Cassé (clip de David Leduc, alias Le Grand Slack)

Voici Cassé, un clip de David Leduc, alias Le Grand Slack, qui a été programmé sur les ondes de MusiquePlus récemment.

© 2015, David Leduc (http://www.legrandslack.zimbalam.com) et Les Productions SuperOli. Vidéo : Frédérique Bérubé (http://www.frederiqueberube.com)

Lune funambule tient à remercier David Leduc pour son aimable autorisation.

Pour emporter (David Leduc, alias Le Grand Slack)

Pour emporter
Je vais te prendre des papillons dans le ventre
Une grosse révolution sale
Pis un Sprite diète
Pour emporter
S’il vous plaît.

— David Leduc (alias le Grand Slack), tous droits réservés, © décembre 2014.

L’auteur du texte, David Leduc alias le Grand Slack.

 

Sale (Robert Hamel)

sale
je vais pas écrire des sonnets
ni un poème en alexandrins
je vais écrire un poème sale
un esti de poème sale avec pas de rimes
écrit avec de la graisse de patates frites
du gravy
de la cendre
pis des botchs de cigarettes
un poème sale qui baigne
dans le fond dégueu
d’une vieille bouteille d’Okeefe
trouvée d’une cave de service du plateau
un poème sex and drugs and rock n’ roll
écrit avec du sang du sperme pis de la sueur
un poème sale écrit avec du brin de scie
une pelure de banane
pis une capote qui a déjà servi

un poème sale
écrit avec une cannette de spray paint
de la moutarde
du ketchup
de la mayo
un œil torve
de la morve
pis du jus de poubelle
un poème sale
écrit à grands coups
de poing ses i
pis de barre ses t
un esti de poème sale
qui a fait une fugue
comme un ado qui se cherche
pis qui se trouve pas nulle part
un poème sale
qui sent des pieds
pis qui pue de la yeule

un poème sale
qui a les cheveux gras
des pellicules
des boutons plein la face
pis les dents jaunes
un poème chenu
un poème tout nu
un poème nus pieds
un poème su’l béesse
qui travaille sa sly
un esti de poème sale
qui a pas d’éducation
pis pas d’avenir
parce qui a trop souvent foxé l’école
pis qui a été élevé d’un bord pis de l’autre
par un père alcoolo
pis une mère dépressive
qui a faite tout ce qu’a pu

un poème reject
qui a pas de RÉER
pas de job
pas de char
pas de blonde
pas de rêves
pas d’ambitions
pas de pays
pas de vie
pas d’amis
pis qui en aura jamais
un poème sale
qui ressemble à un livre de recettes
qui se prend pour un recueil de poésie
un poème crasse
comme un mensonge d’une nuit d’été
qu’on se raconte à soi-même
comme un terrain au moral contaminé
comme une usine désaffectée en mal d’affection

un poème narcissique
qui se branle tout seul
en se regardant dans le miroir
un poème sale
comme un rêve abandonné au coin de la rue
comme les bobettes de Sid Vicious
quand ils l’ont fouillé à son arrivée aux states
sale comme un spot d’huile dans un driveway
comme la montagne de neige
du Centre Laval au mois de mai
un poème crasse comme un maire de banlieue
comme tous les politiciens véreux
qui virulent et vire-voltent
dans tous les sens
double-sens
et contre-sens
un poème sans dessus dessous
dans des dessous indécents

un poème sale
comme un prêtre
catholique pas catholique
qui se fait sucer par un kid
sale comme le contrat des f-35
comme les promesses des politiciens opportunistes
comme les vieux partis essouflés et sans idées
comme les coupures dans culture
comme un élu municipal
qui se graisse la patte
à grands coups de deux et demi pour cent
depuis vingt-cinq ans
un poème sale comme un char en février
comme une chatte en chaleur
qui se roule dans poussière
comme la langue d’un vendeur de minounes
comme un espoir déçu qui se fait harakiri
un poème sale et encombré
comme les ruelles de montréal un 2 juillet
comme les plaines d’Abraham
le lendemain d’un show
du Festival d’été

un poème sale
comme un kleenex
après une séance d’amour propre
comme un souvenir éventré
après une visite chez le psy
un poème sale
comme un cul qui pique
pis un doigt qui pue
sale comme une joke
de vieux mononcle cochon
un soir de réveillon
un poème sale
comme un continent de déchets
qui dérive au milieu de l’océan
comme un gars qui pète une coche
pis qui tue sa blonde
comme un peddler
qui se fait passer
pour un conseiller financier
pis qui se pousse avec les économies
de toute une vie

un poème sale comme un athlète
qui empoche des millions
qui se dope à planche
pis qui ment full pin
un poème sale
comme une rupture annoncée par courriel
sale comme un amour déchu qui se love
dans la douleur la colère et le ressentiment
j’avais rien qu’envie d’écrire
un esti de poème sale
mais qui sera jamais aussi sale
anyway
que l’indifférence
quand elle ferme les yeux
sur le désespoir

— Robert Hamel, Les souvenirs ventriloques, © Les Éditions de l’étoile de mer, juin 2013.

Grand récital fractal le 19 juin au Labo

Le grand récital fractal

Le Grand récital fractal aura lieu le mercredi 19 juin, à compter de 20 h, dans le cadre du Festival infringement de Montréal 2013. À cette occasion, le Labo (552, rue Jarry Est, à Montréal) accueillera de nombreux artistes des sphères de la musique, de la poésie et du slam montréalaises. L’événement est organisé par le poète et musicien Louis Royer, leader de la formation Cortezia. La comédienne et poète Caroline Hébert coanimera la soirée en sa compagnie.

Louis RoyerLa portion chanson du spectacle sera assurée par Mikalle Bielinski, Cortezia en formation simple (Jessica Charland et Louis Royer), Crément Impérial, La Tragédie et Vitamine Bleue. Côté poésie et slam, les Yvon d’Anjou, Patrick Coppens, Pascale Cormier, Sibylle Dandy, Ponctuation G Actif Duchesneau, Pascale Gamine, Robert Hamel, Caroline Hébert, Yvon Jean, KoraZón NordSud (Marie France Bancel et Brigitte Meloche), Stéphanie Lapointe, André Loiseau, Manafest, Tessa Manuello, Martimots, Jean Yves Métellus, Marjolaine Robichaud, Éric Roger et l‘abbé Tizumen (Normand Lebeau) se succèderont sur scène.

Enfin, DJ Who et Mr. Tim se chargeront de l’atmosphère musicale.

L’entrée est libre. On vous y attend donc en grand nombre.

Lavoie à suivre (première de deux parties) : Si seulement de Josianne Lavoie

Si seulement

Si seulement
À coup de cris
En points et en gueule
À coup de si
En cœurs et en bouche
En arrière-goût
De si qui vont pas loin
Pas plus que l’ombre de mes pas
Pas de quoi traverser un océan
Ou même un pont
Pas de quoi en boire
Dirait la mère
Envoye, viens qu’on se baigne
Dans nos possibles!

Dans un beau grand monde de si
À tout bout de chant
Des si
Qui me cisaillent
Me sifflent
Me circonstancent
Me ciboirent
Me p’tit ciargent
Me simonaquent
Et silencieusement…
Me sillonnent

Me si on…
Surtout eux, oui
Les « si on »
Les « pas si on »
De criss
De ssi à l’envers
Les « si nous », tsé?
Si ON essayait moins
Si NOUS étions plus
Si ON s’aimait
Si NOUS savions comment
Si peut-être on s’pouvait?

Ce sont des si
Plus dur à avaler ça
Qui siphonnent
Les arrières pensés
Des grands sillages de dents
Qui s’mordent la langue
Quand prononcés
Juste pour se convaincre
Comme le « ça va bien »
Que tu crois jamais
Le « ça va pas »
Que t’étouffes
En p’tit fake
Qui s’éternise
Et devient toi
Le fake
Qui finit pas

Des si
Pour se mentir
Et refuser
Pour croire en qu’que chose
Et s’acharner
Pour taire le constat
De petite misère pesante
Qui s’opère et nous dissèque
Pour être beaux
Dans nos silences
Au bal masqué
Des synonymes
De contents et contentés
Où on laissera
Au vestiaire
Nos sentiments

Des si
Pour être forts
Et rester droit
Pour avancer
Sans avoir à penser
Au présent du futur
Imparfait
Keep your eyes on the sky!
Cause the price’s the limit!

Des si
Pour juste rêver
Ne pas avoir
À justifier l’échec
« À l’impossible, nul n’est tenu »
Que l’on dit
Faut croire que tout ce temps
On blâmait
La mauvaise syllabe
Pour expliquer
Qu’on s’tait planté

Des si
Pour pas trop vouloir partir
Juste un p’tit peu
Pour se demander
Qui s’ennuierait
De mon absence?
Possiblement les mêmes
Qui s’fouttaient de ma présence!
Qui oublierait de m’pleurer
En s’obstinant
À savoir qui paye les fleurs?
Possiblement les mêmes
Qui ne m’voyaient pas les manger

Toutes ces fleurs
Ces narcissistes
Qui m’infligent
Cette pression
Qui me dessine
Des rides à mon front
À force de plisser
Les yeux vers l’horizon

Vers une société impatiente
Incapable d’apprécier
Le moment présent
Qui s’immole
Dans le paraitre et le semblant
Qui s’entête à spéculer
Sur la vie et les choses
En oubliant que demain
Nous ramènera quand même
Nos psychoses

Une société impassible
Dans son espoir
Qui a dont peur
De se tromper
De passer à côté
Qui aurait
Dont du
Voulu savoir
Ce qu’on serait
Dont devenu si

Et seulement si

© Josianne Lavoie. Tous droits réservés pour tous pays.

Par ici pour accéder à La VOIX et les MOTS, le blogue de Josianne Lavoie.

Josianne Lavoie

Josianne Lavoie en prestation à SoloVox. © Tous droits réservés – Nathalie Turgeon (2013)

À propos de Josianne Lavoie
Né au Saguenay, Josianne Lavoie habite désormais à Gatineau où elle s’impose sur la scène slam locale. Elle a tenté récemment l’aventure de la poésie dans la métropole et s’est fait remarquer lors des soirées SoloVox. Sur scène, cette jeune femme livre une poésie intense, intimiste et inspirée avec conviction, ferveur et émotion. Josianne partage également une page Facebook avec Catherine H. Lavoie.

Josianne Lavoie. Une voix et des mots. Une voix à découvrir.

L’auteur de ce blogue tient à remercier l’auteure et photographe Nathalie Turgeon pour sa contribution à ce billet.

Les deux hyperliens qui précèdent ouvrent des pages Facebook. Ils fonctionnent mieux si vous êtes déjà connecté à Facebook.

SoloVox est maintenant offert… en webtélé!

Dynamique, Éric Roger, le grand manitou de SoloVox depuis maintenant plus de 12 ans, innove une fois de plus et écrit une page d’histoire en créant une émission webtélé entièrement consacrée à la poésie d’ici. En compagnie de son comparse de toujours, Yvon Jean, le duo a présenté la première émission de cette nouvelle série le samedi 16 mars 2013, et votre humble serviteur s’est promis de se joindre à l’aventure. Vous pouvez entre autres y entendre une entrevue avec Sibylle, une nouvelle voix qui s’est révélée grâce aux soirées qu’organise Éric Roger. La poétesse Pascale Cormier sera l’invitée de la semaine lors de l’édition du 23 mars 2013.

Sans plus tarder, je vous laisse syntoniser SoloVox webtélé, une émission diffusée sur douteux.tv, le samedi, de 13 h à 14 h.

À la semaine prochaine, même heure, même poste!

Soirée SoloVox du 28 mars 2012 : une grande réussite

Éric Roger, qui organise les soirées SoloVox depuis plus de 11 ans, avait d'excellentes raisons de sourire le 28 mars dernier.

Les amateurs de poésie de la grande région métropolitaine avaient encerclé en rouge la date du 28 mars 2012 sur leur calendrier et pour cause : Éric Roger, le grand responsable des soirées SoloVox depuis maintenant plus de 11 ans, avait réuni sur une même affiche un trio de choix. Le romancier, le parolier et le poète : Jean Barbe, Roger Tabra et Tony Tremblay.

Jean Barbe lisant « La marche à l'amour » de Gaston Miron. Photo : Johanne Morisseau.

En lever de rideau, Jean Barbe a reproduit l’événement La marche à l’amour qu’il avait mis sur pied à la station de métro Berri-UQAM à l’occasion de la Saint-Valentin, le 14 février dernier. L’artiste montréalais a distribué des exemplaires du texte à l’assistance et de nombreux spectateurs ont récité en chœur l’œuvre phare de l’homme rapaillé. Un moment vibrant de poésie.

Loup Solitaire a capté ce moment de poésie sur vidéo pour notre plaisir :

(Vidéo : courtoisie de Loup Solitaire et de SoloVox)

Tony Tremblay sur scène lors de la soirée SoloVox du 28 mars 2012. Photo : Johanne Morrisseau.

Tony Tremblay, dont la dernière parution, Rock Land, remonte à 2006, a enchaîné avec des vers libres aussi intenses que percutants où il était notamment question de notre société déshumanisée et déshumanisante.

Roger Tabra quelques secondes avant d'entreprendre la lecture de son texte. Photo : Johanne Morrisseau.

Le parolier montréalais bien connu Roger Tabra a ensuite lu un poème qu’il avait composé expressément pour l’occasion. L’œuvre, qui abordait entre autres le thème du vieil âge, a donné lieu à un grand moment d’émotion, de tendresse et d’intensité.

Roger Tabra a charmé le public avec la complicité de l’excellent claviériste Marc Poellhubert :

(Vidéo : courtoisie de Loup Solitaire et de SoloVox)

Après un interlude musical confié au duo composé de Rémi Lauzon et Marc Déziel, la relève poétique, en l’occurrence Robert Hamel et Vicki Laforce, a pris la parole. Le premier a lu deux poèmes en prose aux accents contemporains, tandis que la seconde a présenté quatre textes empreints de romantisme et de symbolisme, tantôt en prose, tantôt en vers.

La soirée s’est terminée par la traditionnelle séance de micro ouvert. Une dizaine de poètes ont défilé sur scène après le coup d’envoi de Jean Barbe, un texte qui pourrait fort bien s’intituler Partagez. Chaque auteur a proposé des contenus plus variés les uns les autres. Malheureusement, je ne dispose pas de la liste complète, mais je mentionnerai les Jean Yves Metellus, Martin Martimots Rivest, Caroline Hébert, Anatoly Orlovsky, Ponctuation G Actif, Alain Cormier, Bertrand Laverdure, Anthony Roger, Maxime de Cayer et autres Normand Lebeau, ce dernier ayant déridé l’assistance avec un texte à la fois truculent et grivois, Monsieur Zizimou.

Bref, la poésie était en fête, et les visages ravis étaient nombreux à la fin de cette soirée exceptionnelle.

La prochaine édition de SoloVox aura lieu le 25 avril prochain alors que la consultante spécialisée en médias sociaux Michelle Blanc sera parmi les invités. La liste des artistes ayant confirmé leur présence inclut également Bernard Courteau, Jean Yves Metellus, Alain Cormier, KORAZON Nord-Sud et Dramane Komé. D’autres sont susceptibles de s’y ajouter. L’événement aura lieu comme toujours au bar L’Escalier, au 552, rue Sainte-Catherine Est, à deux pas de la station de métro Berri-UQAM et du magasin Archambault.