Lumineuse Chloé Sainte-Marie aux Contes à rendre

Chloé

J’ai eu le plaisir et l’insigne honneur de recevoir celle qui a fait de sa voix la harpe des poètes, Chloé Sainte-Marie, lors de ma chronique De parole et de lumière, diffusée dans le cadre de l’émission Les contes à rendre (Radio Centre-ville, 102,3 FM à Montréal et partout dans le monde sur Internet [www.radiocentreville.com]).

Chloé Sainte-Marie donnera deux représentations de son spectacle À la croisée des silences, à la cinquième salle de la Place-des-Arts, à Montréal, les 24 et 25 avril 2015. Son dernier opus, l’album éponyme, composé de deux cd et d’un élégant livre, est offert chez tous les bons disquaires. Vous pouvez également vous le procurer, en tout ou en partie, en format téléchargement sur iTunes.

À la croisée des silences est le septième album de la chanteuse. L’artiste a récolté de nombreux prix et de nombreuses distinctions depuis son incursion dans le domaine de la chanson, dont deux Félix.

Émission intégrale du 16 avril 2015 en format MP3

Entrevue Chloé Sainte-Marie du 16 avril 2015 en format vidéo

 

 

(pour Marcel Aymar et Neil Young) (Patrice Desbiens)

(pour Marcel Aymard et Neil Young)
C’était un gars du nord.
On lui dit :
T’as pas de pays.
T’as pas de pays.

Et le gars du nord
Va voir sa femme et
Il lui dit :
J’ai pas de pays.
J’ai pas de pays.
T’as pas de pays.
On n’a pas de pays.
Qu’est-ce qu’y a pour souper?
Le steak es-tu cuit?
Y a pas de steak.
Juste des restants.
J’ai pas de pays.
Où sont les enfants?

Et le gars du nord
Va voir son boss et
Il lui dit :
J’ai pas de pays.
J’ai pas de pays.
J’ai pas de steak.
Et son boss lui dit :
Laisse faire ça.
Travaille mon tabarnak.
Envoye par là.
Envoye dans l’trou.
Christ de fou.
Comment va ta femme?

C’était un gars du nord.
On lui dit :
T’as pas de pays.
T’as pas de pays.
T’as pas de pays.

Et le gars du nord
Va voir sa femme et
Il lui dit :
Ma tabarnak.
Ma tabarnak.
Il lui donne une claque.
Elle s’écrase comme un sac.
Elle se replie comme une mappe.
Ma tabarnak.
Ma tabarnak.
Ma tabarnak.
Où est mon pays?
Où est mon pays?
Où est mon souper?
Ma tabarnak.
Ma tabarnak.
C’est toute de ta faute.

C’était un gars du nord.
On lui dit :
T’as pas de pays.
T’as pas de pays.
T’as pas une chance.
Envoye danse.
Envoye danse.
Danse.
Danse.
Danse.

— Patrice Desbiens

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auprès de ma blonde (Patrice Desbiens)

auprès de ma blonde
auprès de ma blonde,
ma blonde est folle,
je suis fou,
on s’entend bien.

de temps en temps
nos langues se nouent
l’une autour de l’autre,
comme deux iguanes qui
se battent pour la même
roche
comme deux alligators
qui se battent pour la même
viande
le même morceau de viande
le même petit morceau
d’amour que toul’monde
que la population

entière
de la terre
tourne et retourne dans sa
bouche depuis des siècles
et des siècles.
le morceau d’amour est
pas mal ratatiné,
on le voit presque plus,
mais on se sert au maximum
de ce qui reste,
on se le passe comme un onguent,
on se le passe sur les lèvres
et sur le trou d’cul,
on se le passe partout
et on ricane comme deux
enfants coupables dans
la nuit qui pleure à la
fenêtre.

auprès de ma blonde
les larmes dorment au pied
du lit comme des chats,
et on valse,
joue contre joue,
beigne contre beigne,
pays contre pays,
on se baigne,
on se saigne,
et l’amour est comme ça,
kétaine et terriblement
cassant.

auprès de ma blonde
ma blonde est folle et
moi aussi mais
j’aime mieux remplir
ma blonde que remplir
une formule du
conseil des arts.

— Patrice Desbiens

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(Pour Jean Marc et Brigitte) (Patrice Desbiens)

(Pour Jean Marc et Brigitte)
Je me réveille au son d’une pelle qui gratte la neige.
Je me réveille au son de cloches qui sonnent contre les fenêtres endormies.
Je me réveille au son des voitures qui se glissent dans le delta des rues.
Je me réveille au son des camions qui charrient le papier pour les poèmes que je n’ai pas encore écrits.
Je me réveille au son des souvenirs qui écrasent le silence.
Je me réveille au son de ma pensée.
Le gris du ciel et le gris du cerveau.
Le café m’attend.
Le téléphone m’attend.
Le miroir m’attend.
L’appartement m’attend.
L’amour m’attend.
La vie m’attend.
Je me réveille au son de Sudbury.
Je me réveille au son de ta voix qui vient du fond de mon amnésie.
Je me réveille au son de ma voix qui soupire ton nom dans l’oreiller sale de l’aube.
Je me réveille au creux de la distance, je me réveille à Sudbury, dans la lumière de ton absence.
Je me réveille au son d’une pelle qui gratte la neige et tout recommence.

— Patrice Desbiens

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