The Magnificent Void (Steve Roach)

The Magnificent Void

(Musique : Steve Roach/images : Josselin Jegu)

Poésie de l’espace.
De la lumière.
Du son.
Du mouvement.
Poésie pure.

Steve Roach, The Magnificent Void.
Jamais le néant n’aura été si impérial, si lumineux, si éloquent. Jamais n’aura-t-il été si magnifique.

Cette vidéo de Josselin Jegu était tout simplement conçue pour la lune funambule. La voici donc, pour une seconde fois.

Steve Roach ou le compositeur de la trame sonore de l’espace infini

La poésie peut revêtir bien des formes. Il y a la poésie des mots, comme il y a la poésie des images. Il y a aussi la poésie des sons, la poésie de la musique. À cet égard, Steve Roach est lui aussi un poète, un très grand poète.

S’il fallait choisir un musicien pour écrire la trame sonore de l’espace infini, ce compositeur californien de musique électronique ambiante, père de la Pacific School et disciple de Klaus Schulze (il cite Timewind comme une influence), serait un sérieux prétendant pour le poste. Prolifique, l’auteur multiplie les titres, qu’il produit au rythme frénétique d’un peintre du son obsédé par son art, et mène sa carrière de main de maître. Steve Roach est le seul maître à bord.

The Magnificent Void (1996) est l’un des exemples les plus probants d’une musique purement ambiante de cet artiste d’exception obsédé par la pureté du son et la musique à l’état brut.

 

Steve Roach : le chant du cosmos

Steve Roach

Steve Roach est un musicien étonnant, complexe, aux multiples facettes. Ses œuvres ambiantes les plus abstraites (The Magnicificent Void, Mystic Chords and Sacred Spaces) évoquent le souffle sulfureux de l’après Big Bang et le lent mouvement du cosmos. Les éléments de ses opus séquentiels semblent, quant à eux, sautiller (Life Sequence), courir (Stormwarning) ou se heurter les uns aux autres (Arc of Passion) dans un chaos orchestré avec panache. Enfin, un troisième pan de son travail est formé d’une combinaison de voix synthétiques, d’instruments traditionnels et de rythmes tribaux (Dreamtime Return). Certaines de ses pièces agissent sur les ondes cérébrales et font figure d’antidote au rythme effréné de la vie moderne (Structures from Silence, la série Immersion). Et Steve Roach n’a pas fini de nous étonner et de nous ravir : ses nombreuses collaborations l’amènent à se redéfinir sans cesse, à se surpasser, à se réinventer. Inspirée par la solitude et le calme du désert, la musique de Steve Roach crée de nouveaux paysages musicaux et explore des espaces intérieurs vierges.

Steve Roach peint des tableaux musicaux comme d’autres peignent sur la toile ou au moyen de la souris, comme d’autres dansent, écrivent ou… respirent. Par nécessité. Pour cette raison, il produit, de façon artisanale et continue, une musique authentique, singulière et pure.

Pour plus d’information sur Steve Roach, consultez son site Web. Vous pourrez, entre autres choses, vous y procurer ses CD.

Hyperborea : poètes de l’espace-temps

Hyperborea

Il m’arrive de penser que la poésie est non seulement un art en soi, mais qu’elle est aussi un souffle qui habite d’autres formes artistiques — dont la musique et les arts visuels —, leur conférant une grâce singulière. Sans compter qu’elle peut surgir partout et à tout moment : dans un wagon de métro, sur la rue, au hasard d’une rencontre ou d’une conversation. Ainsi, il existe à mes yeux une poésie urbaine, tout comme il existe une poésie de la vie. Il y a la poésie qui se lit et s’écoute. Il y a aussi la poésie qui se regarde et se ressent.

C’est dans cet esprit que je vous présente aujourd’hui le duo néerlandais Hyperborea. La grâce aura marqué sa trajectoire, les deux artistes ayant dû modifier leurs plans en raison des aléas de la vie. Résultat : ils ont créé une forme d’art plus unique encore que celle projetée au départ.

Voyage dans l’univers des poètes de l’espace-temps.

Hyperborea

Hyperborea est un duo composé d’un homme et d’une femme. Madeleine et Willem (on ne trouve aucune mention de leur nom de famille sur leur site Web) pratiquent ensemble diverses disciplines artistiques, dont la sculpture, la photographie, la vidéo et la musique, depuis 1993.

Ils créent à leurs débuts une imposante collection de sculptures en marbre et en granit, mais, en raison des problèmes de santé de Willem, ils devront renoncer à façonner la pierre. Se tournant vers l’art numérique, ils font de l’ordinateur leur principal outil de création. Il s’agit alors d’un véritable choc culturel pour le duo qui vivait jusque-là littéralement « à l’âge de pierre ».

Peu à peu, Hyperborea se familiarise avec des logiciels de création et de production. Madeleine et Willem souhaitent offrir à leur public l’expérience d’un monde différent : un univers paisible dominé par des formes de vie gracieuses et des paysages spectaculaires. Hyperborea double ses décors enchanteurs de trames sonores, histoire de donner au spectateur l’impression d’habiter les lieux. Encore une fois, c’est en utilisant des instruments numériques que Madeleine et Willem composent leur musique électronique, laquelle rappelle parfois Tangerine Dream, parfois Steve Roach.

Vous pouvez admirer la poésie visuelle et sonore de Hyperborea sur sa chaine YouTube.