Do They Know It’s Christmas? (Band Aid, 1984)

christmas

Do They Know It’s Christmas?
It’s Christmastime, there’s no need to be afraid
At Christmastime, we let in light and we banish shade

And in our world of plenty we can spread a smile of joy
Throw your arms around the world at Christmastime

But say a prayer, Pray for the other ones
At Christmastime it’s hard, but when you’re having fun

There’s a world outside your window
And it’s a world of dread and fear

Where the only water flowing
Is the bitter sting of tears
And the Christmas bells that ring there are the clanging chimes of doom
Well tonight thank God it’s them instead of you

And there won’t be snow in Africa this Christmastime
The greatest gift they’ll get this year is life
Where nothing ever grows
No rain nor rivers flow
Do they know it’s Christmastime at all?

Here’s to you
Raise a glass for everyone
Spare a thought this yuletide for the deprived
If the table was turned would you survive

Here’s to them
Underneath that burning sun
You ain’t gotta feel guilt just selfless
Give a little help to the helpless
Do they know it’s Christmastime at all?

Feed the world
Feed the world
Feed the world
Feed the world
Feed the world
Let them know it’s Christmastime again

© Midge Ure & Bob Geldof, 1984.

Tout nue avec toi (Mara Tremblay)

Tout nue avec toi
Laisse-moi me perdre dans tes bras
J’veux me r’trouvertout nue avec toi
Est-ce que dans ta tête tu penses tout bas
Que t’aimerais être tout nu avec moi

Serre-moi très fort
Prends-moi encore, prends-moi
Dedans tes bras
Dedans tes bras

Dans mon oreille, tombent tes mots
C’est pus pareil, tu rentres dans ma peau
Quand j’pense à nous tout devient très beau
Comme la fois où on est montés là-haut

Serre-moi très fort
Prends-moi encore, prends-moi
Dedans tes bras
Dedans tes bras

On existe seulement quand je dors
Dans mes rêves, tu m’prends encore plus fort
Pardonne-moi si les rares fois qu’j’te vois
J’pense yenq’ à être tout nue avec toi

Serre-moi très fort
Prends-moi encore, prends-moi
Serre-moi très fort
Prends-moi encore, prends-moi
Dedans tes bras
Dedans tes bras
Dedans tes bras

— Mara Tremblay

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Le dernier poème d’amour (Patrice Desbiens)

Oldsmobile

Le dernier poème d’amour

1.
Je me rappelle des trains
Je me rappelle des trains qui se promenaient
de droite à gauche à droite dans les grandes
fenêtres de ton grand appartement sous le
petit ciel de Sudbury.

Deux ans si c’est pas plus et je n’oublie
pas le goût de ton cou le goût de ta peau
ton dos beau comme une pleine lune dans
mon lit.
Le goût de te voir et le coût de l’amour
et nos chairs hypothéquées jusqu’au dernier
sang.

Je me rappelle des trains qui ont déraillé
dans tes yeux
Le nettoyage a été long.

2.
Dans le restaurant on vieillit autour
d’un verre de vin.
Dehors le scénario est toujours le même :
une banque sur un coin une église sur l’autre.
L’amour nous évite comme quelqu’un qui
nous doit de l’argent.
Tu es en face de moi et
tu es en feu dans moi et
je te désire.
Ton manteau de fourrure ton sourire
ô animal de mes réveils soudains.

Ensoleillée mais froide
ta beauté s’étend comme des violons
sur la neige brûlée.
Tes yeux trempes
tes yeux trompent.

Le silence se couche entre nous.

3.
Cette photo de toi tu es quelque part
dans ce brouillard de couleur tu
pars dans ton char ton oldsmobile
mouillée et rouillée c’est évidement
l’automne ou peut-être même
le printemps c’est une mauvaise photo
du bon vieux temps
un polaroid trop près de la mémoire.

Tu te peignes dans le rétroviseur
je te colle sur mes paupières pour
te voir quand je dors
et soudainement tu es dehors avec
le soleil dans les flaques d’eau et
les jeux du jeune et tu
es aussi belle en souvenir que dans
la vraie vie et

nous sommes les seuls survivants
de la guerre
et ceci
est le dernier poème d’amour
sur la terre.

Patrice Desbiens, Le dernier poème d’amour
(Dans l’après-midi cardiaque, aussi inclus dans Sudbury, poèmes 1979-1985)

Article sur Patrice Desbiens (paru dans la version en ligne de L’aut’journal, no 198 — avril 2001)

Frustration (Calixthe Beyala)

Afrique

Frustration
Ton regard est plus fort que la mort
Est-ce un pays, un paysage?
Est-ce la mer ou les années perdues à l’horizon?
Est-ce le souvenir de l’amour qui à la mort se confond?

Longtemps j’implorais ce regard
Venu de l’oubli de l’enfance au crépuscule du temps
Pour une halte, une chambre d’hôte au matin,
Et chaque soir caresse en moi l’éternel désir.

D’amour blessé, les laves de mes yeux se sont endormies
Tourment, tristesse et plaisir confondus,
Sombre sang d’Afrique, cannibale, cannibalisée
Donne à mon désespoir l’espoir qui t’a fait naître.

Des milliers de jours, des milliers de nuits
Épuisés d’un doute à renaître, fatigués
Tes yeux tournent autour de ma soif,
Vol noir et soyeux, Pays dans la distance,
Offrent tes lèvres et la météorite de tes hanches.

La terre est vieille, close sous les baisers d’un impossible amour
Dans l’affrontement tendre s’épuise sa lumière
Tel le passager d’une grâce ultime, je griffe sa clarté
Pour te faire l’amour des bouts des yeux et colorer de vie mes espoirs

oscillants

Que de pentes à grimper, de terres à traverser ou de branches,
Danse affolante, affolée, musique blessante, blessée,
Au bout du tunnel, au fond du songe,
Rien de plus qu’un clin d’œil et toute ma vie ici dans une joie
immobile, pour donner aux choses le tremblement majeur de tes cils.

Calixthe Beyala