Conclusion – D’une atmosphère bleue (Louis Geoffroy)

Dieu Amérike

miettes de pain collées au palais du dieu amérike et chamarre intense de sacrifices désamorcés les révolutions ne sont génèse que d’ultimes retranchements mais fins d’atteinte au cœur du sexe.

les déesses mexica roulent sur la main avec des mains couleurs de brume.

je m’insurge du bleu à fracas nazi et les horreurs intense délabrement quand les soleils aux crânes fracassés titubent devant la loi et l’odeur de framboise réveille des mirages de tristesse ma terre va flamboyer de précipices en scléroses et deux mots raconteront la vie pour un peu formule publicitaire.

– Louis Geoffroy, totem poing fermé

Je t’écris (Gaston Miron)

Gaston Miron

Je t’écris
Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
J’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne
quand donc aurai-je de tes nouvelles
je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarrés
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus

Quand nous serons couchés côte à côte
dans la crevasse du temps limoneux
nous reviendrons de nuit parler dans les herbes
au moment que grandit le point d’aube
dans les yeux des bêtes découpées dans la brume
tandis que le printemps liseronne aux fenêtres

Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter
sur le seuil des mémoires les morts d’aujourd’hui
eux qui respirent pour nous
les espaces oubliés

Gaston Miron

Amour météore (Robert Hamel)

Amour météore

Amour météore
immense
miroir
Montréal
me renvoie
ton image
multipliée
à l’infini
et moi
je meurs
une larme
à la fois

et moi
j’habite
la démesure
du vide
derrière
le passage de
l’amour
météore

© Robert Hamel (novembre 2013)