Les contes à rendre du 15 janvier 2015

Éric Arson dans les studios de Radio Centre-ville (Crédit photo : Akim Kermiche)

Lune funambule vous présente l’émission intégrale en format audio MP3 de Les contes à rendre qui a été diffusée le jeudi 15 janvier 2015, de 6 h à 8 h, sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, à Montréal. L’émission est également disponible sur Internet (www.radiocentreville.com) ainsi que sur DailyMotion (chaîne d’Yvon Jean Poète).

À cette occasion, je recevais, dans le cadre de la chronique De paroles et de lumières, l’animateur de radio, poète, vidéaste, peintre et dessinateur Éric Arson. L’émission comprend également Les chroniques du conseil, de Jennifer Lee-Baker et Chantal L’Heureux, qui recevaient les responsables de bazoom.ca et de Baz, Simon Duplessis et Sylvain Bazinet.

Avec Yvon Jean, Marc Lavoie, Yvon d’Anjou et Akim Kermiche.

 

Entrevue avec Éric Arson en format vidéo (s’ouvre dans un nouvel onglet sur la chaîne DailyMotion du poète Yvon Jean)

L’Exil (Yvon d’Anjou)

En cette froide journée d’hiver, Lune funambule relaie un texte d’Yvon d’Anjou publié quelques semaines plus tôt sur www.bazoom.ca. Il vous suffit de cliquer sur l’hyperlien qui précède pour l’afficher.

Bonne lecture!

Entrevue avec Hugue Blier

Les contes à rendre (émission diffusée le 25 décembre 2014)
Le poète Hugue Blier était l’invité de la chronique De paroles et de lumière lors de l’édition du 25 décembre 2014 de Les contes à rendre, sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, la radio communautaire multilingue de Montréal, et ce, depuis maintenant 40 ans. Vous trouverez ci-dessus la version vidéo de l’entrevue que j’ai réalisée avec Hugue Blier en compagnie des suspects habituels Yvon Jean, Marc Lavoie, Yvon d’Anjou et Akim Kermiche.

De plus, vous trouverez la version MP3 de l’émission complète du 25 décembre. Outre ma chronique, vous aurez entre autres la possibilité d’écouter Les chroniques du conseil avec Jennifer Lee-Barker et Chantal L’Heureux ainsi qu’un conte de Noël rendu par Frère Ours.

Bonne écoute et joyeux Noël!

Haute tension, voyageur sans repère (Raynaldo Pierre Louis)

Ma vie est crachat, éclaboussure, tourbillons de poussières mêlées d´azur. Tout est possible sur les rivages de l´encre, par la voie/voix de l´imaginaire. Je fais de cette parole une place publique, pour pisser au visage de l´homme. Cette parole, oui cette parole, je la dédie à la chienne qui m´aboie. Ô l´immensité d´un homme se perd dans la toute petitesse d´une île… Moi je transcris sur du papier-voyageur, tous les déchets, tous les fossiles, tous les immondices en transit dans ma mémoire. Ô précieux tapis de mon âme, où bourdonnent régiments de mouches… Ma mémoire est une savane boueuse, où les chevaux marchent à grands pas. Je me roule dans la fange à rebours, et j´en roule encore et encore…
Alors loin du commun des mortels, je vis, gesticule… dans le jeu strangulatoire des abstractions ludiques. Je vis aux pays sombres, ombragés, peuplant de symboles et d´images folles. Extravagance d´esprit. Absurdité de chair, en tournoiement, dans le sexe tourmenté du poème. Je salis ce papier de mots, qui s´étouffent, qui s´étranglent, mots furieux qui taquinent le vide, bouleversant l´immobilisme des choses. Ô mes bavardages loufoques, innombrables palabres inutiles, anodines sur la table d´un poète. Mais nuances… Impostures. Déguisements pour déguiser la vie. La vie. Oui la vie : ce véritable spectacle de fous, où le genre humain grouille à l´envers dans ses vermines qui puent. Et moi timidement… je bouche mon nez, comme pour ne pas respirer la forte odeur de l´homme, qui roule… joyeusement, dans les latrines empestées du mal.
Tous les éléments de la nature, tous les sentiments de l´homme sont conviés ici. Et gouffres, tonnerres, ressacs, écueils, tournez, tournez, roulez donc sur ma poitrine. Ceci est donc ma chambre, où les fenêtres s´ouvrent sur le cosmos. Il y a ici des souvenirs macabres. Il y a là des voix qui se repèrent, qui tonnent, qui bercent… Toujours nuance. Controverses. Antipodes à la marche du temps. Moi je vous donne la paix, la haine, la guerre, l´amour… enchevêtrés de rêves, de passions ou de toutes folies. Mille pensées me traversent la mémoire. Mille et mille guêpes me guettent d´un bout à l´autre. Mille blessures. Mille cicatrices. Mille rêves. Mille illusions. Mille fantômes. Mille spectres en caricature circulaire. Je me pose toujours mille questions, et j´ai toujours mille réponses à chacune. Alors pour survivre, j´ai donc appris à vivre sans patrie, vagabonder dans l´espace-temps. Ô patrie : je n´en ai nul besoin, je bourlingue ça-et-là, ici et ailleurs. Alors je vogue dans la brise errante, sans prétexte d´un quelconque repère. Je suis seul dans un continent de rêves, je suis seul contre un continent. Je m´en irai dans les entrailles du désert, là où les soleils ardents plombent les instants d´hiver. Je tonne, je gronde, dans la marée de la mer en furie. Moi je suis marée montante, et marée descendante à la fois. Je me gifle par moments, par instinct, par instants, pour me réveiller de ma torpeur, de ma dormance au sein de cette foule gluante…
—  Raynaldo Pierre Louis, Haute tension, voyageur sans repère, © tous droits réservés par l’auteur, 31 janvier 2014
Pour en savoir plus sur Raynaldo Pierre Louis, visitez le blogue de l’auteur.

Sans titre (Sylvain Girard)

Sans titre
Je serai franc mon frère, ma sœur
Et te dirai simplement une chose horriblement belle;
Tu souffriras parfois et quand tu croiras ne plus pouvoir endurer
Tu découvriras, dans le nid de ta liberté, toute cette puissance endormie.

— Sylvain Girard, tous droits réservés, © décembre 2014.

 

Pour emporter (David Leduc, alias Le Grand Slack)

Pour emporter
Je vais te prendre des papillons dans le ventre
Une grosse révolution sale
Pis un Sprite diète
Pour emporter
S’il vous plaît.

— David Leduc (alias le Grand Slack), tous droits réservés, © décembre 2014.

L’auteur du texte, David Leduc alias le Grand Slack.

 

Novembre a changé (Vicki Laforce)

Novembre a changé

l’allure du vent
masque gisant sur le sol 
il me faudra
à mes lettres 
ajouter une civilisation
près des fontaines
tracer l’essaim
des tempêtes 
où je fus 
comme Géricault peintre
hôtesse de la Méduse
et des morts 
par milliers qui peuplent
le sang de l’histoire

le cœur est mystère
la guerre, un édit

sans cœur

mais parfois il est vrai 
que la mer tremble à l’endroit des séismes

— Vicki Laforce, © tous droits réservés, novembre 2014