À l’heure du jugement dernier des étoiles (Patrick Chemin)

À l'heure du jugement dernier des étoiles

A l’heure du jugement dernier des étoiles
A l’heure du jugement dernier des étoiles si je suis oublié par le marbre. Si je suis renié par la cendre. Je poserai un petit caillou dans la mousse délaissée et une ombre mauve se tiendra près de moi. Murmurant le chapitre tendre d’exister à la marge des convenances. Malgré les rumeurs et les marais. Malgré le mur du son de la réalité. Oui je sais que je serai entouré par des libellules et la sonate brève des insectes. Toute l’amitié du monde est contenue dans la présence discrète de ces mains et de ses épaules où poser sa tête fatiguée. A l’heure du jugement dernier je ne renierai rien. Je me tiendrai bien droit pour dire la verticalité de la pluie et la mémoire infinie. La vie contient dans l’argile du jour de tous les jours la présence du corps et l’absence de l’âme. Mais si tu vis sur la cime de l’imaginaire tu peux disposer mille virgules sur le manuscrit imprévisible de la vie. Tout disparaît dans l’ombre de feu d’une seconde mais l’essentiel demeure dans le sésame des mots posés çà et là sur le chemin. J’entends toutes vos voix mes amis : c’est une cathédrale d’oiseaux.

© Patrick Chemin (2012)

À propos de Patrick Chemin
Patrick Chemin publie des textes sur Internet depuis plusieurs années. Pour tout savoir – ou presque – sur cet artiste, consultez sa page Facebook (au préalable, vous devez être connecté à Facebook pour accéder à la page). Patrick Chemin diffuse également son œuvre au moyen d’un site Internet (www.patrick-chemin.odexpo.com).

Ce billet a été publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Hyperborea : poètes de l’espace-temps

Hyperborea

Il m’arrive de penser que la poésie est non seulement un art en soi, mais qu’elle est aussi un souffle qui habite d’autres formes artistiques — dont la musique et les arts visuels —, leur conférant une grâce singulière. Sans compter qu’elle peut surgir partout et à tout moment : dans un wagon de métro, sur la rue, au hasard d’une rencontre ou d’une conversation. Ainsi, il existe à mes yeux une poésie urbaine, tout comme il existe une poésie de la vie. Il y a la poésie qui se lit et s’écoute. Il y a aussi la poésie qui se regarde et se ressent.

C’est dans cet esprit que je vous présente aujourd’hui le duo néerlandais Hyperborea. La grâce aura marqué sa trajectoire, les deux artistes ayant dû modifier leurs plans en raison des aléas de la vie. Résultat : ils ont créé une forme d’art plus unique encore que celle projetée au départ.

Voyage dans l’univers des poètes de l’espace-temps.

Hyperborea

Hyperborea est un duo composé d’un homme et d’une femme. Madeleine et Willem (on ne trouve aucune mention de leur nom de famille sur leur site Web) pratiquent ensemble diverses disciplines artistiques, dont la sculpture, la photographie, la vidéo et la musique, depuis 1993.

Ils créent à leurs débuts une imposante collection de sculptures en marbre et en granit, mais, en raison des problèmes de santé de Willem, ils devront renoncer à façonner la pierre. Se tournant vers l’art numérique, ils font de l’ordinateur leur principal outil de création. Il s’agit alors d’un véritable choc culturel pour le duo qui vivait jusque-là littéralement « à l’âge de pierre ».

Peu à peu, Hyperborea se familiarise avec des logiciels de création et de production. Madeleine et Willem souhaitent offrir à leur public l’expérience d’un monde différent : un univers paisible dominé par des formes de vie gracieuses et des paysages spectaculaires. Hyperborea double ses décors enchanteurs de trames sonores, histoire de donner au spectateur l’impression d’habiter les lieux. Encore une fois, c’est en utilisant des instruments numériques que Madeleine et Willem composent leur musique électronique, laquelle rappelle parfois Tangerine Dream, parfois Steve Roach.

Vous pouvez admirer la poésie visuelle et sonore de Hyperborea sur sa chaine YouTube.