Interlunes (Jean-Yves Métellus aux Contes à rendre, 22 janvier 2015)

Interlunes (extraits)

(…)
Dans les replis de l’eau
La lune au ciel levant
Danse telle une femme nue

D’un rideau transparent
Une pluie cache à peine
Les seins de la nuit

Quand naît le petit jour
Tous les arbres en silence
Portent le sanglot des adieux (…)

 

(…)
La glaise impalpable
Que je tends à chacun
Évoque les grandes mutations

Même à pas feutrés
J’irai errer
Dans le noyau des douleurs

L’amour sera souverain
S’il porte à chaque fêlure
Le testament des adieux (…)

 

(…)
Incapable d’allégeance
J’étreins pourtant la certitude
Jamais aussi secrète

Voici venir des mages
Revêtus d’oripeaux
Dans l’enceinte lumineuse

L’apothéose est dans l’instant
Si beau où la chair
À l’esprit se noue

– Jean-Yves Métellus, Interlunes, tous droits réservés, Éditions des Vagues, Haïti, novembre 2014.

Entrevue complète de Jean-Yves Métellus en format vidéo (s’ouvre dans un nouvel onglet) lors de la chronique De parole et de lumière dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, la radio communautaire multilingue de Montréal.

Vous pouvez acheter le recueil Interlunes en envoyant un message à l’auteur sur sa page Facebook (vous devez être connecté à Facebook pour que ce lien fonctionne).

Émission complète en format MP3 :

 

Jean-Yves Métellus est né en Haïti et vit actuellement à Montréal.

Interlunes designe un espace onirique entre l’enracinement et l’exil, un univers fait d’astres nouveaux, d’éclipses et de mystères. Les textes de ce corpus naissent d’une exploration des haïkus, petites poèmes d’origine japonaise bondés de mystères, mais révélant tout autant la force de l’instant. Tous les poèmes ici reprennent la force du tercet, sans respecter le nombre de pieds, mais évoquant autant que possibles certains aspects appropriés au genre. Chaque texte, tout en se liant à l’ensemble, tente le pari de l’autonomie. Enfin, entre deux hémisphères, deux pôles du réel — ici et ailleurs —, cet espace constitue un refuge pour la sublimation de l’être face aux assauts du néants et des morsures de l’incréé.

Prestation de Jean-Yves Métellus lors de l’hommage à Jean Royer (Poésie du centre-ville, 18 janvier 2015)

La Nuit de la poésie du 3 août 2013 (3 de 3)

Martin «Martimots» Rivest

La poésie est un chat de ruelle. Elle aime l’heure où le possible rêve, la rumeur de la rue et le murmure des nuits blanches. Elle aime aussi les effluves du plaisir, l’impromptu et l’imprévu. La nuit du 3 août s’est esquissée au fil du temps, elle s’est tracée au gré des gens. Certains se sont désistés, d’autres ont débarqué à la onzième heure. La poésie ne se fige pas dans l’espace. Elle ne se berce pas au rythme de l’horloge. En plein cœur de la nuit, Martin « Martimots » Rivest a rendu un émouvant hommage à la mère, mettant ainsi un point final à cet événement. Puis, la transmission s’est terminée par le magnifique Speak White de Michèle Lalonde, ce cri du cœur de la langue-mère.

Cinquième heure : Extraits cinématographiques de la Nuit de la poésie du 27 mars 1970, Yvon Jean, Vincent Collard, Véronique Cyr, Frédérique Marleau, François-Pierrôt Black, Céline Bruyère, Nathalie Turgeon, Pierre-Gabriel Nepveu, Alain Trempe, Louis et Éric Roger,

Sixième heure : Tommy Gaudet, Simon-Pierre Bilodeau, la Stèle, Martin « Martimots » Rivest, Vincent Collard, Sylvie Caissie, Alain Trempe et J. P. Mortier.

Segment final : J. P. Mortier, extraits cinématographiques des nuits de la poésie (Claude Gauvreau, Michèle Lalonde, Gilbert Langevin, Gaston Miron, Gérald Godin, etc.), Martin « Martimots » Rivest et Michèle Lalonde.