Novembre a changé (Vicki Laforce)

Novembre a changé

l’allure du vent
masque gisant sur le sol 
il me faudra
à mes lettres 
ajouter une civilisation
près des fontaines
tracer l’essaim
des tempêtes 
où je fus 
comme Géricault peintre
hôtesse de la Méduse
et des morts 
par milliers qui peuplent
le sang de l’histoire

le cœur est mystère
la guerre, un édit

sans cœur

mais parfois il est vrai 
que la mer tremble à l’endroit des séismes

— Vicki Laforce, © tous droits réservés, novembre 2014

Le dernier poème d’amour (Patrice Desbiens)

Oldsmobile

Le dernier poème d’amour

1.
Je me rappelle des trains
Je me rappelle des trains qui se promenaient
de droite à gauche à droite dans les grandes
fenêtres de ton grand appartement sous le
petit ciel de Sudbury.

Deux ans si c’est pas plus et je n’oublie
pas le goût de ton cou le goût de ta peau
ton dos beau comme une pleine lune dans
mon lit.
Le goût de te voir et le coût de l’amour
et nos chairs hypothéquées jusqu’au dernier
sang.

Je me rappelle des trains qui ont déraillé
dans tes yeux
Le nettoyage a été long.

2.
Dans le restaurant on vieillit autour
d’un verre de vin.
Dehors le scénario est toujours le même :
une banque sur un coin une église sur l’autre.
L’amour nous évite comme quelqu’un qui
nous doit de l’argent.
Tu es en face de moi et
tu es en feu dans moi et
je te désire.
Ton manteau de fourrure ton sourire
ô animal de mes réveils soudains.

Ensoleillée mais froide
ta beauté s’étend comme des violons
sur la neige brûlée.
Tes yeux trempes
tes yeux trompent.

Le silence se couche entre nous.

3.
Cette photo de toi tu es quelque part
dans ce brouillard de couleur tu
pars dans ton char ton oldsmobile
mouillée et rouillée c’est évidement
l’automne ou peut-être même
le printemps c’est une mauvaise photo
du bon vieux temps
un polaroid trop près de la mémoire.

Tu te peignes dans le rétroviseur
je te colle sur mes paupières pour
te voir quand je dors
et soudainement tu es dehors avec
le soleil dans les flaques d’eau et
les jeux du jeune et tu
es aussi belle en souvenir que dans
la vraie vie et

nous sommes les seuls survivants
de la guerre
et ceci
est le dernier poème d’amour
sur la terre.

Patrice Desbiens, Le dernier poème d’amour
(Dans l’après-midi cardiaque, aussi inclus dans Sudbury, poèmes 1979-1985)

Article sur Patrice Desbiens (paru dans la version en ligne de L’aut’journal, no 198 — avril 2001)

La poésie de Nancy R. Lange et Aspasia Worlitzky au consulat général du Chili ce soir

Femmelle faucon

C’est ce soir qu’aura lieu Filiations (Filiaciónes) au consulat général du Chili à Montréal (1010, rue Sherbrooke Ouest, 15e étage, à Montréal), un récital de poésie bilingue, en espagnol et en français, donné par les poètes Nancy R. Lange et Aspasia Worlitzky. Le spectacle commencera à 19 heures.

Les poètes Nancy R. Lange et Aspasia Worlitzky liront des textes ce soir au Consulat général du Chili.

Les poètes Nancy R. Lange et Aspasia Worlitzky liront des textes ce soir au consulat général du Chili, au 15e étage du 1010, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal.

Les textes de madame Lange sont tirés du recueil Femelle Faucon/Halcón Hembra, paru au Mexique en 2012 dans une coédition bilingue de Mantis Editores, Colegio del Pueblo et Écrits des Forges. Ceux de madame Worlitzky proviennent de son livre ¿Adónde vas madre?, publié à Montréal en 2006, en espagnol, aux Éditions Alondras.

Les poètes sont toutes deux filles de pères émigrés d’Autriche au Chili et au Canada, à la suite de la guerre. Les textes du récital abordent les thèmes de la guerre, du deuil, de l’exil, de la résilience, de la filiation et du legs.

Le spectacle Filiations (Filiaciónes) est organisé avec la collaboration du consulat général du Chili à Montréal et l’entrée est libre. On vous y attend en grand nombre.

Soirée Femmes de parole du 13 juin

Femmes de paroles

La poète réputée Nancy R. Lange animera la soirée Femmes de parole qui aura lieu le 13 juin 2013 à compter de 19 h à la librairie Monet des Galeries Normandie (2752, rue de Salaberry), à Montréal. Cet événement mettra en vedette Julie Stanton et Aspasia Worlitzky. De nombreux thèmes seront abordés à cette occasion, dont l’amour, la guerre, l’exil, la résilience et le sens de la lumière. Votre humble serviteur sera sur place, puisqu’il a été invité à lire au micro libre.

La contribution suggérée pour assister à la soirée est de 5 $. Vous pouvez réserver vos places dès maintenant en composant le 514-337-4083 ou encore en écrivant à l’adresse courriel evenements@librairiemonet.com. Nous vous attendons en grand nombre.

À propos de Julie Stanton
Julie Stanton
est née en 1938 à Québec. Elle y habite toujours et en est profondément amoureuse. Elle pratique le journalisme indépendant et la rédaction pour gagner sa vie et écrit de la poésie pour ne pas la perdre. Également romancière, elle a représenté le Québec à Paris en 1997 et 1999 lors de la Rencontre internationale de poésie féminine contemporaine de langue française, qui s’est tenue au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris, sous l’égide de l’association Les Messagères du poème.

Publié en 2004, Requiem pour rêves assassinés : Hommage à Pablo Neruda, l’amènera l’année suivante à effectuer une tournée littéraire à Santiago du Chili, où le livre sera lancé à la Chascona, l’une des maisons-musées de Neruda. En novembre 2005, Requiem… est finaliste au Prix de poésie Alain-Grandbois. En 2011, Carnets de l’Isle-aux-Grues se mérite le Prix du Patrimoine des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Cette même année, Parfaitement le chaos suivi de Élie ma joie est reçu comme « un recueil de grandes proses intenses et révoltées contre la douleur (…) ciselé aux flammes et aux souffrances ».

Membre de l’Union des écrivains et des écrivaines du Québec, Julie Stanton a publié en revues ici et outre-frontières. Auteure d’une douzaine de livres depuis sa venue à l’écriture, laquelle remonte à 1980, l’écrivaine poursuit aujourd’hui une œuvre marquée par l’attrait de l’ailleurs. Un ailleurs qui la conduira jusqu’au pays des morts avec la publication à venir de Mémorial pour Geneviève. Et autres tombeaux.

À propos d’Aspasia Worlitzky
Aspasia Worlitzky
est auteure du livre de poèmes ¿Adónde vas madre?, publié aux Éditions Alondras, à Montréal. Professeur de langues et d’expression dramatique, elle détient une maîtrise en éducation. Elle a participé à la 14e Rencontre internationale de femmes Poètes à Oaxaca, au Mexique; au festival Palabra en el Mundo, à Montréal; au spectacle bénéfice Du nord au sud, encore à Montréal; à la deuxième Rencontre d’écrivains hispano-canadienne, toujours à Montréal, et au 26e Festival international de la poésie de Trois Rivières.

Asapia Worlitsky danse le flamenco et a fait partie du groupe de théâtre La Barraca (Montréal). Elle a réalisé la lecture dramatique de la pièce Albertine en cinq temps de Michel Tremblay et a été comédienne à la télé et au cinéma. Elle a notamment joué dans La conciergerie (prix du Festival des films du monde) et Hasard et coïncidences, un film signé Claude Lelouch.

Ses écrits ont été livrés dans la revue Brèves littéraires, à Laval, ainsi que dans les anthologies Voces sin fronteras aux Éditions Alondras, à Montréal; Conjuro de luces, au Centre d’études de la culture mixteca, au Mexique; Presencia femenina en la literatura nacional, aux éditions Semejanza, au Chili; et Esplendor nocturno, au Centre d’études poétiques de Madrid, en Espagne.

Nancy R. Lange anime la soirée Femmes de paroles.

Nancy R. Lange anime la soirée Femmes de paroles.

À propos de Nancy R. Lange
Nancy R. Lange
 a publié quatre recueils de poésie aux Écrits des Forges : Annabahébec, Femelle Faucon, Reviens chanter rossignol et Au seuil du bleu. Elle a publié des poèmes dans des collectifs (Château Bizarre) et en revue (Brèves littéraires 79 et 80, Exit, Arcade, Estuaire et Moebius). Elle a collaboré à Macadam tribu et à des spectacles multimédia, dont Au seuil du bleu. Elle a participé à des activités de la Société littéraire de Laval en 2010, dont Journées de la culture et Sainte-Rose en Bleu.

Plus récemment, Nancy R. Lange a fait une tournée dans l’Ouest canadien et s’est produite dans le cadre du Festival du Spoken Word de Calgary 2013.