Peuple inhabité (Yves Préfontaine)

Le cri

Peuple inhabité

J’habite un espace où le froid triomphe de l’herbe,
où la grisaille règne en lourdeur sur des fantômes d’arbres.

J’habite en silence un peuple qui sommeille,
frileux sous le givre de ses mots.
J’habite un peuple dont se tarit la parole frêle et brusque.

J’habite un cri tout alentour de moi –
Pierre sans verbe –
Falaise abrupte –
Lame nue dans ma poitrine l’hiver.

Une neige de fatigue étrangle avec douceur le pays que j’habite.

Et je persiste en des fumées.
Et je m’acharne à parler.
Et la blessure n’a point d’écho.
Le pain d’un peuple est sa parole.
Mais point de clarté dans le blé qui pourrit.

J’habite un peuple qui ne s’habite plus.
Et les champs entiers de la joie
Se flétrissent sous tant de sécheresse
Et tant de gerbes reniées.
J’habite un cri qui n’en peut plus de heurter, de cogner,
D’abattre ces parois de crachats et de masques.
J’habite le spectre d’un peuple renié comme fille sans faste.
Et mes pas font un cercle en ce désert.
Une pluie de visages blancs
Me cerne de fureur.
Le pays que j’habite est un marbre sous la glace.
Et ce pays sans hommes de lumière
Glisse dans mes veines comme
Femme que j’aime.

Or je sévis contre l’absence avec entre les dents,
Une pauvreté de mots
Qui brillent et se perdent.

Yves Préfontaine
Peuple inhabité, publié dans Pays sans parole
(Éditions de l’Hexagone, 1967)

Soirée SoloVox Miron le 25 juin

Soirée Miron

Les amateurs de poésie − et en particulier de celle du grand Gaston Miron − ont rendez-vous le 25 juin à compter de 19 h au Pas Sages, au 951, rue Rachel Est, à Montréal, alors qu’une soirée SoloVox se tiendra exceptionnellement à cet endroit. Pour l’occasion, l’organisateur Éric Roger réunira, autour des mots de notre poète national, les Jean Royer, Marie-Charlotte Aubin, Audrey-Anne Marchand, Marjolaine Deschênes, Hughe Blier, Nathalie Turgeon et Robert Hamel. Cortezia version formation simple (Jessica Charland et Louis Royer) assurera la portion musicale et Marc Poellhuber signera les paysages sonores. Le tout sera bien sûr suivi d’un micro libre.

Éric Roger organise les soirées SoloVox depuis maintenant 13 ans.

Éric Roger organise les soirées SoloVox depuis maintenant 13 ans. (Photo : Robert Hamel)

Les soirées SoloVox, qui en sont à leur treizième année d’existence et qui ont repris le flambeau de La place aux poètes de la regrettée Janou Saint-Denis, misent sur la commandite des Éditions David, des Éditions du Noroît, de Éditions de l’Hexagone, des Éditions Prise de parole, des Écrits des Forges, du Tremplin d’actualisation de poésie (TAP) et des Éditions Triptyque.

Le prix d’entrée est de 8 $ et comprend une revue ou un recueil de poésie au choix parmi les titres de la librairie volante. Pour 2 $ de plus, les amateurs de poésie pourront se procurer un flipbook d’Éric Roger.

Certains des hyperliens ci-dessus mènent à des pages Facebook. Vous devez être connecté à Facebook pour y accéder sans problème.

SoloVox rend hommage à Josée Yvon

La soirée SoloVox du 28 novembre 2012 rend hommage à la regrettée Josée Yvon.

Fidèle au concept mis en œuvre cette saison, SoloVox rend une fois de plus hommage à un poète québécois disparu lors de l’édition du 28 novembre 2012.  En effet, après Claude Gauvreau et Denis Vanier, c’est l’égérie de ce dernier, Josée Yvon, qui se retrouvera sous les feux de la rampe, tandis que les invités de l’animateur et poète Éric Roger seront Nancy Labonté, Jean-Marc Lefebvre, Tessa Manuello, Anny Schneider et Marybel Messier. La portion musicale sera confiée à Ty Billingsley, et les paysagistes sonores attitrés seront Marc Poellhuber et Dominique Huot. Le tout se terminera pas la traditionnelle séance de micro ouvert, laquelle permet au public de découvrir de nouvelles voix d’ici.

Le poète et animateur Éric Roger, l’âme de SoloVox depuis maintenant 12 ans.

Vitrine de la poésie montréalaise et québécoise sur la rue Sainte-Catherine, SoloVox compte sur la commandite des Éditions David, des Éditions du Noroît, des Éditions de l’Hexagone, des Éditions Prise de parole, des Écrits des Forges et des Éditions Triptyque. L’entrée est de 7 $ et inclut un recueil ou une revue de poésie au choix.

Les amateurs de poésie de Montréal ont donc rendez-vous une fois de plus à compter de 19 h, le 28 novembre 2012, au bar L’Escalier Montréal, au 552, rue Sainte-Catherine Est, à deux pas de la station de métro Berri-UQAM, pour une autre belle soirée de poésie. Nocturnades espère vous y voir en grand nombre.

SoloVox rend hommage à Claude Gauvreau

Sur la lancée de la soirée SoloVox du 26 septembre dernier, laquelle rendait hommage au poète disparu Denis Vanier, l’édition du 31 octobre 2012 célébrera la mémoire et l’œuvre d’un autre géant de la poésie québécoise, Claude Gauvreau (1925-1971). À cette occasion, le poète et animateur montréalais Éric Roger, qui vient de célébrer le douzième anniversaire de son cabaret poétique, accueillera Paul Chamberland, Dominique Huot, Catrine Godin, Hughe Blier, Louise Haley (aussi connue sous le nom de madame Minou), Ponctuation G Actif Duchesneau, Maxime Cayer et Anthony Roger. La portion musique sera assurée par Societies, et le fidèle Marc Poellhuber créera une fois de plus les paysages sonores nécessaires. La prestation des invités sera suivie d’une séance de micro ouvert en collaboration avec l’événement artistique à caractère multidisciplinaire Big Bang Montréal, puisque, comme le veut maintenant la coutume, les deux événements s’imbriquent l’un dans l’autre dès 21 h.

Affiche de la soirée SoloVox du 31 octobre 2012.

Vitrine de la poésie montréalaise et québécoise sur la rue Sainte-Catherine, SoloVox compte sur la commandite des Éditions David, des Éditions du Noroît, des Éditions de l’Hexagone, des Éditions Prise de parole, des Écrits des Forges et des Éditions Triptyque. L’entrée est de 7 $ et inclut un recueil de poésie au choix.

Le poète Éric Roger, animateur des soirées SoloVox depuis 12 ans.

C’est donc un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les amateurs de poésie de Montréal et de la périphérie : le 31 octobre 2012, dès 19 h, au bar L’Escalier Montréal, au 552, rue Sainte-Catherine Est, à deux pas de la station de métro Berri-UQAM. C’est dans un peu plus de deux semaines, mais Nocturnades vous recommande d’inscrire cet événement à votre agenda dès maintenant.

SoloVox célèbre son douzième anniversaire

Pour son douzième anniversaire, SoloVox rend hommage à Denis Vanier.

Le 26 septembre 2012, à compter de 19 h au Bar L’Escalier Montréal, SoloVox célébrera son douzième anniversaire d’existence. À cette occasion, elle rendra hommage à Denis Vanier, un complice de la première heure. Au programme : Franz Benjamin, Anne-Marie Gélinas, Denis Payette, la slameuse Vézir et des invités surprise. La portion musicale sera confiée à Meb, et Marc Poellhuber se chargera des paysages sonores. Et, bien sûr, il y aura la traditionnelle séance de micro ouvert.

Douze ans de soirée de poésie sans subventions, avec pour seuls alliés une poignée d’irréductibles commanditaires, un cercle d’amateurs fidèles et une persévérance sans faille, voilà un accomplissement qui mérite d’être souligné dignement. Pour marquer le coup, Nocturnades vous présente une entrevue avec le poète montréalais Éric Roger, grand manitou de SoloVox depuis le début et auteur de plusieurs recueils de poésie.

Nocturnades: Depuis quand écris-tu et qui t’a inspiré à le faire?
Éric Roger: J’écris depuis ma tendre enfance. J’ai écrit un conte lorsque j’étais tout jeune – j’avais environ 9 ans – et il a été publié dans le journal du quartier, La Voix populaire, dans le Sud-Ouest. Après, j’ai commencé à écrire des textes en anglais pour mes premiers groupes de death metal et de hardcore. J’écrivais surtout dans mes cours de mathématiques. La poésie est arrivée plus tard, mais je la connaissais déjà un peu avec Ferré et Reggiani, et ce, grâce à mon père, le pastelliste Réal Roger, qui est décédé en 2006. Mais je ne connaissais pas encore la force de cet art. Je l’ai vraiment découverte avec Nelligan et Baudelaire. Quelques années plus tard, j’ai lu Denis Vanier et Roland Giguère.

Éric Roger, poète et grand manitou des soirées SoloVox.

N.: Quelles sont tes principales influences?
É.R.: En poésie, je dirais Denis Vanier et Roland Giguère, sans oublier Gilbert Langevin et Léo Ferré. Mais je suis aussi souvent influencé par les paroles des groupes de musique punk et trash metal. Les paroles des groupes de metal m’inspirent beaucoup dans mon travail d’écriture.

N.: Qu’est-ce que la poésie pour toi?
É.R.: L’écriture m’a sauvé. Elle est mon exutoire. Elle m’a permis d’extérioriser mes émotions, et j’ai découvert autre chose que la drogue et l’alcool. À mes yeux, la poésie reflète l’humanité. Sans elle, on ne verrait que de la laideur un peu partout. La poésie est l’essence même de l’être humain.

N.: Quel est ton but quand tu écris?
É.R.: Je vise à atteindre le plus grand nombre de personnes possible en leur parlant de façon accessible, sans être hermétique, pour leur montrer qu’il existe différents styles de poésie.

N.: Comment procèdes-tu lorsque tu écris?
É.R.: Je commence toujours par un titre, une phrase que j’entends dans une chanson ou dans une conversation. J’écris d’abord dans des calepins, puis je restructure le tout à l’ordinateur.

N.: Comment est né SoloVox?
É.R.: Les soirées SoloVox sont nées en 2000, après le décès de Janou Saint-Denis, avec qui j’ai travaillé de 1995 à 2000. À la fin de sa vie, je l’ai remplacée à quelques reprises à l’animation, car elle était très malade et elle continuait quand même. Mais, à un moment donné, elle ne pouvait plus se déplacer. On m’a alors demandé de la remplacer pour l’animation de ses soirées Place aux poètes. Je me souviens d’ailleurs d’une soirée en particulier que j’avais trouvé stressante avec Patrice Desbiens. Nous étions à cette époque au salon Émile-Nélligan de l’UNEQ . Peu de temps après, Janou est décédée, mais on n’a pas voulu que je poursuive cette tradition. C’était normal : la Place aux poètes, c’était Janou et j’ai respecté cela. Après, tout le monde me demandait pourquoi je ne faisais pas de soirées de poésie. J’y ai réfléchi et j’ai créé SoloVox en 2000 au Café Ludik. Depuis, on existe toujours et c’est grâce à Janou Saint-Denis, qui m’a permis d’apprendre.

N.: Qu’est-ce que t’a apporté SoloVox?
É.R.: Cela m’a permis de découvrir de nouveaux talents et de faire connaître des recueils qui seraient restés dans l’ombre sans la contribution de SoloVox. Pour plusieurs personnes dans le milieu, SoloVox est un tremplin pour la relève. Il ne faut pas oublier que je fais cela sans appui des paliers gouvernementaux, tandis que Janou comptait sur le soutien de certaines administrations publiques. Moi, j’ai fait cela seul avec l’aide de mon amie Sandra Walsh à l’époque. Je profite de l’occasion pour la remercier.

N.: Qu’est-ce que ça prend pour organiser une soirée SoloVox?
É.R.: Tout d’abord, pour organiser des soirées de poésie, il faut savoir ce qui se publie, sinon cela devient le fait d’une clique. Il faut lire ce qui se fait chez nos éditeurs québécois et parler des recueils de poésie, sinon qui en parlera? Et ce qui fait que je suis toujours là, ce sont les séances de micro ouvert. Cela me permet de découvrir de nouvelles voix, et quand je vois qu’il y a du potentiel chez certains poètes, j’en profite pour leur donner plus de temps par la suite. Je fais tout cela avec des moyens restreints.

Le Théâtre de l’Âme, paru en 2012 aux Éditions Dédicaces.

À ce jour, Éric Roger a publié six recueils de poésie. Son plus récent, Le Théâtre de l’Âme, est paru en 2012 aux Éditions Dédicaces. Vous pouvez vous le procurer en ligne (http://www.lulu.com). Vous pouvez également obtenir des exemplaires électroniques ou des versions PDF des recueils d’Éric en communiquant avec lui par l’entremise de sa page Facebook ou encore en lui écrivant à productionssolovox@hotmail.com. Outre les soirées SoloVox, Éric prépare d’autres recueils. Les soirées SoloVox misent sur la commandite des Éditions David, des Éditions du Noroît, des Éditions de l’Hexagone, des Éditions Prise de parole, des Écrits des Forges et des Éditions Triptyque.

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