Elle est un parc abandonné [extrait] (Nancy R. Lange)

Elle est un parc abandonné

Elle est un parc abandonné [extrait]
quelques allées d’années plus loin
elle est un parc
désert
une colonie de vacances
à la reprise des classes

hors-saison hors-contexte
crois-tu vraiment qu’il te suffit
de la dire pour la légitimer?

par le père par le fils
depuis ses balançoires hantées
elle parle
saine d’esprit

poussent les bras du vent
vole l’invisible au jardin
le carré de sable
appelle l’enseveli
et tournoient rires et courses

cas licenciés
cris sans port d’attache
dérivés extrêmes
de sacré dépouillés

flous et réfractaires
fractale engeance éconduite
entre l’hostie et la nation
le corps du cri
morcelé

de silences consensuels
pardon facile
tolérance perpétuelle
jusqu’à la vase coulants (…)

— Nancy R. Lange, Elle est un parc abandonné, Écrits des Forges 2014 © tous droits réservés pour tous pays.

 

Steve Roach ou le compositeur de la trame sonore de l’espace infini

La poésie peut revêtir bien des formes. Il y a la poésie des mots, comme il y a la poésie des images. Il y a aussi la poésie des sons, la poésie de la musique. À cet égard, Steve Roach est lui aussi un poète, un très grand poète.

S’il fallait choisir un musicien pour écrire la trame sonore de l’espace infini, ce compositeur californien de musique électronique ambiante, père de la Pacific School et disciple de Klaus Schulze (il cite Timewind comme une influence), serait un sérieux prétendant pour le poste. Prolifique, l’auteur multiplie les titres, qu’il produit au rythme frénétique d’un peintre du son obsédé par son art, et mène sa carrière de main de maître. Steve Roach est le seul maître à bord.

The Magnificent Void (1996) est l’un des exemples les plus probants d’une musique purement ambiante de cet artiste d’exception obsédé par la pureté du son et la musique à l’état brut.

 

Steve Roach : le chant du cosmos

Steve Roach

Steve Roach est un musicien étonnant, complexe, aux multiples facettes. Ses œuvres ambiantes les plus abstraites (The Magnicificent Void, Mystic Chords and Sacred Spaces) évoquent le souffle sulfureux de l’après Big Bang et le lent mouvement du cosmos. Les éléments de ses opus séquentiels semblent, quant à eux, sautiller (Life Sequence), courir (Stormwarning) ou se heurter les uns aux autres (Arc of Passion) dans un chaos orchestré avec panache. Enfin, un troisième pan de son travail est formé d’une combinaison de voix synthétiques, d’instruments traditionnels et de rythmes tribaux (Dreamtime Return). Certaines de ses pièces agissent sur les ondes cérébrales et font figure d’antidote au rythme effréné de la vie moderne (Structures from Silence, la série Immersion). Et Steve Roach n’a pas fini de nous étonner et de nous ravir : ses nombreuses collaborations l’amènent à se redéfinir sans cesse, à se surpasser, à se réinventer. Inspirée par la solitude et le calme du désert, la musique de Steve Roach crée de nouveaux paysages musicaux et explore des espaces intérieurs vierges.

Steve Roach peint des tableaux musicaux comme d’autres peignent sur la toile ou au moyen de la souris, comme d’autres dansent, écrivent ou… respirent. Par nécessité. Pour cette raison, il produit, de façon artisanale et continue, une musique authentique, singulière et pure.

Pour plus d’information sur Steve Roach, consultez son site Web. Vous pourrez, entre autres choses, vous y procurer ses CD.