Entrevue Louise Forestier à Radio Centre-ville

Louise Forestier, porte-parole de Radio Centre-ville,
102,3 FM à Montréal

Il y a quelques semaines, j’ai eu le privilège d’interviewer Louise Forestier dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes de Radio Centre-ville, 102,3 FM à Montréal. Porte-parole de la station qui célèbre cette année son 40e anniversaire d’existence, madame Forestier est une actrice et un témoin privilégiée de l’histoire du Québec contemporain. Elle se livre ici dans une généreuse entrevue de plus de 30 minutes.

Contenu intégral de l’entrevue en format vidéo (crédit vidéo : Yvon Jean).

 

Louise Forestier chante La Prison de Londres lors du spectacle de la Fête nationale à Québec, en 2009.

Le pays au bout des lèvres

Gaston Miron

Dans la foulée des billets sur la Nuit de la poésie du 3 août 2013, Lune funambule tient à souligner deux importants documents cinématographiques. Signés Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse, ces documentaires — La Nuit de la poésie 27 mars 1970 et La Nuit de la poésie, 28 mars 1980 — témoignent de la prise de parole au Québec à cette époque. Pour mieux apprécier ces deux films, il convient de les situer en contexte.

Jean-Claude Labrecque

Le cinéaste Jean-Claude Labrecque, coréalisateur de ces deux documents historiques.

Ainsi, la nuit de la poésie de 1970 s’est déroulée pendant la montée du mouvement nationaliste québécois et à l’aube des événements d’octobre, lesquels conduiront à l’adoption de la Loi des mesures de guerre et à la détention arbitraire d’un certain nombre de militants indépendantistes et d’artistes. En novembre 1976, un parti souverainiste, le Parti québécois, sera porté au pouvoir pour la première fois de son histoire.

Visionnez La Nuit de la poésie 27 mars 1970.

De même, il convient de se rappeler que la seconde nuit de la poésie, celle du 28 mars 1980, précède de peu le premier référendum, lequel a eu lieu le 20 mai 1980. Après la défaite du Oui, un vent de morosité souffle sur la culture d’ici. Le public québécois boude alors ses artistes et se tourne vers les produits culturels étrangers. Ce phénomène s’observe notamment en musique populaire, où la popularité des Beau Dommage, Harmonium et autres Offenbach en prend pour son rhume.

En quelque dix ans, le Québec passe du rêve indépendantiste au cauchemar de l’échec référendaire. Une décennie marquante immortalisée par les films des cinéastes et les mots des poètes. Deux questions pour terminer : le Québec a-t-il encore quelque chose à dire? Et si oui, y a-t-il encore quelqu’un pour l’entendre et l’écouter?

Visionnez La Nuit de la poésie du 28 mars 1980.

* Veuillez prendre note que vous pouvez visionner le film La Nuit de la poésie 27 mars 1970 gratuitement, mais que vous devez être abonné au service Campus de l’ONF pour visionner La Nuit de la poésie, 28 mars 1980.