Ce qu’il faut dire (Bruno Roy)

Ce qu’il faut dire
Je suis folle à la mesure de l’instant
Je chavire
Je délire
Je dérive

Je vole en éclat de soleil
J’habite une joie
Très abîmée de douleur

Je n’ai que mes troubles
Pour vous tendre la main
Je n’ai que ma brûlure
Pour marcher avec vous
Je n’ai que les ruines de la mort
Pour devenir vie
Je n’ai que moi-même pour tout dire
L’ombre à mon cou
Je n’ai pas peur
Non je ne me retournerai pas
J’irai chercher dans tes mains
Ce courage qui t’a fait

Oui j’irai par un jour de lumière
Apprendre à mourir
Pour me rapprocher de moi
Pour me rapprocher de toi
Pour dire ce qu’il faut dire

— Bruno Roy
(récitée par Chloé Sainte-Marie sur son album Je marche à toi)

Ce qu’il faut dire (Bruno Roy)

Ce qu'il faut dire

Ce qu’il faut dire
Je suis folle à la mesure de l’instant
Je chavire, je délire, je dérive
Je vole en éclats de soleil
J’habite une joie très abîmée de douleur
Je n’ai que mes troubles pour vous tendre la main
Je n’ai que ma brûlure pour marcher avec vous
Je n’ai que les ruines de la mort pour devenir vie

Je n’ai que moi-même pour tout dire
L’ombre à mon cou, je n’ai pas peur
Non, je ne me retournerai pas
J’irai chercher dans tes mains ce courage qui t’a fait
Oui, j’irai par un jour de lumière apprendre à mourir
Pour me rapprocher de moi
Pour me rapprocher de toi
Pour dire ce qu’il faut dire

Chloé Sainte-Marie, album Je marche à toi (paroles de Bruno Roy)

Lettre à la dame de coeur

Chloé Sainte-Marie

Très chère Chloé,
Magnifique Chloé,
Splendide Chloé,

Tu me pardonneras la hardiesse de ce billet doux et ce tutoiement effronté qui ne me ressemble guère, mais, depuis quelque temps, je suis obnubilé par ta voix et les mots qui l’habitent. Je suis en proie à ton envoûtement et je n’ai nulle envie d’y échapper. J’ai donc l’impression de te connaître intimement.

Je ne te cacherai rien : la  rumeur de ton succès a mis un temps très long à m’atteindre. Lorsque je me suis enfin procuré Je marche à toi, c’était pour l’offrir à ma conjointe. À l’époque, je me faisais une religion de n’écouter que des musiques instrumentales. Et un bon jour, en tendant l’oreille vers ta voix, le goût des mots m’est revenu, tout comme une marche dans les rues de l’enfance fait resurgir les souvenirs heureux des jours d’insouciance.

Je disais donc m’être procuré Je marche à toi pour ma conjointe. Il n’y a pas eu de coup de foudre. Après plusieurs écoutes répétées, le disque compact a longtemps dormi sur l’étagère. Puis, il y a moins d’un an, je l’ai inséré de nouveau dans le lecteur. Il y avait si longtemps que je l’avais écouté que j’avais l’impression de le « réentendre pour la première fois ».

Ici, il me faut te faire une autre confession : au départ, ce n’est ni ta voix ni la langue des poètes qui a retenu mon attention, mais la qualité de l’enregistrement. Le « piège » de la poésie s’est ensuite doucement refermé sur moi. Les mots devenaient plus que des mots : ils étaient musique, cinéma, fresques, parfums, paysages, doux vertiges, vagues dans le ventre, larmes au coin de l’œil, doux feu au fond du cœur. Les mots des poètes transpercent notre âme et bercent notre tendresse. Ils révèlent la profondeur de l’humanité en nous. Ils nous accompagnent de l’aurore à l’aube et visitent même notre sommeil.

Maintenant que les Gaston Miron, Patrice Desbiens et autres Bruno Roy — pour n’en nommer que trois — ont cessé d’être de simples noms dans un livret, maintenant qu’ils sont les compagnons de mon quotidien, je me prends d’une vive affection pour ta voix de feutre et tes syllabes ciselées comme des joyaux. Si les yeux sont le miroir de l’âme, ta voix en est le mode d’expression privilégié. J’entends battre ton cœur au creux de ton chant. J’y décèle ta noblesse d’esprit et je comprends que tu aies accompagné le grand Gilles avec tant de grâce et de dignité pendant tout le long combat qu’il a livré à la maladie. Je comprends aussi ta détermination à plaider la cause des aidants naturels.

Je fréquente ton œuvre depuis peu et il me reste beaucoup à découvrir, mais tu m’as déjà donné une très grande leçon : le bonheur est une chanson poétique de Chloé Sainte-Marie, et ta voix est la harpe des poètes. Depuis que tu es entrée dans ma vie, très chère Chloé, je « n’entends » pas la fin du monde, je « t’entends ».

D’un admirateur avec un très grand A.

Cliquez ci-dessous pour visionner le clip officiel de la chanson Toi la mordore de Chloé Sainte-Marie (album Parle-moi [2005], paroles de Roland Giguère et musique de Gilles Bélanger).