Novembre a changé (Vicki Laforce)

Novembre a changé

l’allure du vent
masque gisant sur le sol 
il me faudra
à mes lettres 
ajouter une civilisation
près des fontaines
tracer l’essaim
des tempêtes 
où je fus 
comme Géricault peintre
hôtesse de la Méduse
et des morts 
par milliers qui peuplent
le sang de l’histoire

le cœur est mystère
la guerre, un édit

sans cœur

mais parfois il est vrai 
que la mer tremble à l’endroit des séismes

— Vicki Laforce, © tous droits réservés, novembre 2014

Buanderie nettoyeur (Marie-France Bancel-èmèf)

Buanderie nettoyeur

Je me gave d’arachides salées
qui collent à la saleté de mes manches
ton souvenir humide empesé dans ma chemise
ton odeur drue
sur le cachemire de mes seins

je jette mes camisoles dans un bassin de tendresse
refroidi par l’attente
mon amour s’émousse comme une dentelle de communiante
se disloque en lambeaux pâles
ruisselant de nos amertumes
échangées dans le noir

ce soir Hollywood crève l’écran
derrière le comptoir
célèbre les acteurs d’un cinéma qui m’échappe
dans sa parade de soie et de strass

et moi
parée pour le bal
les mains serties de vieux journaux
les néons rouges tatoués sur la nuque
je regarde tournoyer mes restes
comme une star oubliée
sur les rives improbables de son
happy end

— Marie-France Bancel-émèf, © tous droits réservés.

Vous pourrez entendre Marie-France Bancel-èmèf* en entrevue lors de la chronique De paroles et de lumière dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, le jeudi 26 novembre, entre 6 h et 8 h.

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Sans titre (Pascale Bérubé)

SANS TITRE
JE T’AI VU
AU MILIEU DE LA PLACE
PARTY DE JEUNES
ÉPHÈBES
DOPÉS
LES COATS EN CUIR
LES RUNNING SHOES
SCRAPPES
LANGUES AU PLAFOND
TÉTINES
COLLÉES AUX GLACES
TU ÉTAIS
COMME UNE BÊTE
TES BRAS MORCELÉS
D’IMAGES DE SAINTS
ET DE DIABLES
J’AVAIS JUSTE ENVIE
QUE TU ME PASSES DESSUS
AVEC TON HOSTIE DE CHAR
ROUGE ET RUTILANT
QUI T’ATTENDAIT EN BAS

J’AVAIS JUSTE ENVIE
QUE TU ME BLASTES
COMME DANS UNE GAME
OÙ C’EST À VIF

APRÈS TROIS TEMPS
LES GENOUX
ÉGRAINÉS

DEVANT TOUT LE MONDE
J’AVAIS JUSTE ENVIE
QUE TU ME TRANSPERCES

QUE TU POSES UNE COURONNE
D’ÉTOILES
SUR MA TÊTE
EN ULTIME GESTE ROMANTIQUE
QUI A DU MAL
À SE TENIR DEBOUT
PARCE QUE L’AMOUR
C’EST TOUGH
ET QUE NOS CORPS
VONT S’ÉCRASER
APRÈS LA LUNE

J’AVAIS JUSTE ENVIE
QUE TU ME DISES
« VIENS T’EN JACKIE
ON VA FAIRE SAUTER
L’UNIVERS »
ET C’ÉTAIT JUVÉNILE
ET C’ÉTAIT NUL AU FOND

TU ES PARTI
AVEC LA PREMIÈRE
QUI T’ES TOMBÉE
SUR LES CUISSES

Y’A-TU UN DUDE
QUELQUE PART
QUI AURAIT DU FEU?
– POUR DE VRAI LÀ –
PAS COMME DANS
UN POÈME
OÙ ON BRÛLE
LE VRAI DISCOURS

IL ME FERAIT BRÛLER
AVANT QUE LES
GARÇONS SAIGNENT BLANC
DANS LE PRINTEMPS

IL ME FERAIT BRÛLER
DANS TOUS LES TROUS
DE LA VILLE

ET IL ME GARDERAIT
À LA FIN
COMME UNE COUPURE
DERRIÈRE LA PORTE

— Pascale Bérubé, tous droits réservés, novembre 2014.

Écrire (Ourse Lune)

Écrire

 

Écrire
Pour se toucher soi-même
Se prouver que l’on existe encore
Derrière toutes les plaies et les cicatrices
Que les autres ne peuvent savoir
Écrire
Pour entrouvrir la fenêtre du monde
Vers soi
Prendre le risque
De se dévoiler un mot à la fois
Pour être entendue
Pour être reconnue
Pour être reçue
Par l’autre qui sait
Tenir notre cœur dans sa main

— Ourse Lune, novembre 2014.

Entrevue avec Nancy R. Lange

Vous trouverez ci-dessous la vidéo intégrale de l’entrevue que m’a accordée Nancy R. Lange lors de ma chronique De paroles et de lumière dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM.

 

Souffle dragonne (Ourse Lune)

Souffle dragonne
Souffle dragonne, souffle
Enfin tu te réveilles
Souffle sur mes montagnes déplacées de sable en sable
Marque la voie qu’elles ont creusée
Souffle et apaise les cicatrices de mes tempêtes
Apprivoisées à coups d’épée
Assèche mes torrents ensorcelés
Illumine les sentiers de mon long périple
Comme phares à la mer
Pour celles qui chercheront à se rendre ici
Adoucis le goût de la victoire chèrement payée
Que dans ma souvenance, il demeure à jamais sans amertume
Et langoureusement, soulage ma chair de son désert
Qu’elle soit oasis

Pas à pas
Je marche encore
Toujours j’avancerai
Derrière, le démon se meurt

Ouvre tes ailes dragonne
Sers ta reine
Je veux être le vent qui chatouille l’eau et la lumière
Je veux être l’astre du jour éclaté en une marée d’étincelles

Élève-moi au cœur de ma chair
Que je redevienne univers
Que ma conscience brille de tous ses possibles
Pose tes ailes sur mon regard et prends ton envol
Allez va, tout droit devant

— Ourse Lune, © août 2014

All is Full of Love (Bjork)

All is Full of Love
You’ll be given love
You’ll be taken care of
You’ll be given love
You have to trust it

Maybe not from the sources
You have poured yours
Maybe not from the directions
You are staring at

Twist your head around
It’s all around you
All is full of love
All around you

All is full of love
You just ain’t receiving
All is full of love
Your phone is off the hook
All is full of love
Your doors are all shut
All is full of love!

All is full of love
All is full of love
All is full of love
All is full of love
All is full of love

— Bjork

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