Entrevue Jean-Paul Daoust aux Contes à rendre

Entrevue de près de deux heures avec Jean-Paul Daoust, auteur d’une quarantaine de recueils de poésie, de deux romans et d’un récit ainsi que poète en résidence à l’émission Plus on est de fous plus on lit sur les ondes de la Ici Radio-Canada Première, 95,1 FM depuis août 2011. Réalisée dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes du Radio Centre-ville, 102,3 FM à Montréal et http://www.radiocentreville.com partout dans le monde, cette entrevue sera diffusée en plus d’une partie en mars 2015.

 

Interlunes (Jean-Yves Métellus aux Contes à rendre, 22 janvier 2015)

Interlunes (extraits)

(…)
Dans les replis de l’eau
La lune au ciel levant
Danse telle une femme nue

D’un rideau transparent
Une pluie cache à peine
Les seins de la nuit

Quand naît le petit jour
Tous les arbres en silence
Portent le sanglot des adieux (…)

 

(…)
La glaise impalpable
Que je tends à chacun
Évoque les grandes mutations

Même à pas feutrés
J’irai errer
Dans le noyau des douleurs

L’amour sera souverain
S’il porte à chaque fêlure
Le testament des adieux (…)

 

(…)
Incapable d’allégeance
J’étreins pourtant la certitude
Jamais aussi secrète

Voici venir des mages
Revêtus d’oripeaux
Dans l’enceinte lumineuse

L’apothéose est dans l’instant
Si beau où la chair
À l’esprit se noue

– Jean-Yves Métellus, Interlunes, tous droits réservés, Éditions des Vagues, Haïti, novembre 2014.

Entrevue complète de Jean-Yves Métellus en format vidéo (s’ouvre dans un nouvel onglet) lors de la chronique De parole et de lumière dans le cadre de l’émission Les contes à rendre sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, la radio communautaire multilingue de Montréal.

Vous pouvez acheter le recueil Interlunes en envoyant un message à l’auteur sur sa page Facebook (vous devez être connecté à Facebook pour que ce lien fonctionne).

Émission complète en format MP3 :

 

Jean-Yves Métellus est né en Haïti et vit actuellement à Montréal.

Interlunes designe un espace onirique entre l’enracinement et l’exil, un univers fait d’astres nouveaux, d’éclipses et de mystères. Les textes de ce corpus naissent d’une exploration des haïkus, petites poèmes d’origine japonaise bondés de mystères, mais révélant tout autant la force de l’instant. Tous les poèmes ici reprennent la force du tercet, sans respecter le nombre de pieds, mais évoquant autant que possibles certains aspects appropriés au genre. Chaque texte, tout en se liant à l’ensemble, tente le pari de l’autonomie. Enfin, entre deux hémisphères, deux pôles du réel — ici et ailleurs —, cet espace constitue un refuge pour la sublimation de l’être face aux assauts du néants et des morsures de l’incréé.

Prestation de Jean-Yves Métellus lors de l’hommage à Jean Royer (Poésie du centre-ville, 18 janvier 2015)

Les contes à rendre – Émission du 8 janvier 2015

Émission Les contes à rendre, édition du 8 janvier 2015, sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM (www.radiocentreville.com).

Avec, entre autres : Marc Lavoie, Yvon Jean, Yvon d’Anjou, Akim Kermiche, Jennifer Lee-Baker et Chantal L’Heureux.

L’Exil (Yvon d’Anjou)

En cette froide journée d’hiver, Lune funambule relaie un texte d’Yvon d’Anjou publié quelques semaines plus tôt sur www.bazoom.ca. Il vous suffit de cliquer sur l’hyperlien qui précède pour l’afficher.

Bonne lecture!

Les contes à rendre (1er janvier 2015)

En raison des réjouissances du temps des fêtes, j’ai presque oublié d’archiver le contenu de l’émission Les contes à rendre sur ce blogue. Je rectifie donc le tir et vous souhaite une bonne écoute… ou réécoute. Vous aurez d’ailleurs droit à une version déjantée de New Year’s Day des Irlandais U2 en français.

Enjoy!

Entrevue avec Hugue Blier

Les contes à rendre (émission diffusée le 25 décembre 2014)
Le poète Hugue Blier était l’invité de la chronique De paroles et de lumière lors de l’édition du 25 décembre 2014 de Les contes à rendre, sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, la radio communautaire multilingue de Montréal, et ce, depuis maintenant 40 ans. Vous trouverez ci-dessus la version vidéo de l’entrevue que j’ai réalisée avec Hugue Blier en compagnie des suspects habituels Yvon Jean, Marc Lavoie, Yvon d’Anjou et Akim Kermiche.

De plus, vous trouverez la version MP3 de l’émission complète du 25 décembre. Outre ma chronique, vous aurez entre autres la possibilité d’écouter Les chroniques du conseil avec Jennifer Lee-Barker et Chantal L’Heureux ainsi qu’un conte de Noël rendu par Frère Ours.

Bonne écoute et joyeux Noël!

Haute tension, voyageur sans repère (Raynaldo Pierre Louis)

Ma vie est crachat, éclaboussure, tourbillons de poussières mêlées d´azur. Tout est possible sur les rivages de l´encre, par la voie/voix de l´imaginaire. Je fais de cette parole une place publique, pour pisser au visage de l´homme. Cette parole, oui cette parole, je la dédie à la chienne qui m´aboie. Ô l´immensité d´un homme se perd dans la toute petitesse d´une île… Moi je transcris sur du papier-voyageur, tous les déchets, tous les fossiles, tous les immondices en transit dans ma mémoire. Ô précieux tapis de mon âme, où bourdonnent régiments de mouches… Ma mémoire est une savane boueuse, où les chevaux marchent à grands pas. Je me roule dans la fange à rebours, et j´en roule encore et encore…
Alors loin du commun des mortels, je vis, gesticule… dans le jeu strangulatoire des abstractions ludiques. Je vis aux pays sombres, ombragés, peuplant de symboles et d´images folles. Extravagance d´esprit. Absurdité de chair, en tournoiement, dans le sexe tourmenté du poème. Je salis ce papier de mots, qui s´étouffent, qui s´étranglent, mots furieux qui taquinent le vide, bouleversant l´immobilisme des choses. Ô mes bavardages loufoques, innombrables palabres inutiles, anodines sur la table d´un poète. Mais nuances… Impostures. Déguisements pour déguiser la vie. La vie. Oui la vie : ce véritable spectacle de fous, où le genre humain grouille à l´envers dans ses vermines qui puent. Et moi timidement… je bouche mon nez, comme pour ne pas respirer la forte odeur de l´homme, qui roule… joyeusement, dans les latrines empestées du mal.
Tous les éléments de la nature, tous les sentiments de l´homme sont conviés ici. Et gouffres, tonnerres, ressacs, écueils, tournez, tournez, roulez donc sur ma poitrine. Ceci est donc ma chambre, où les fenêtres s´ouvrent sur le cosmos. Il y a ici des souvenirs macabres. Il y a là des voix qui se repèrent, qui tonnent, qui bercent… Toujours nuance. Controverses. Antipodes à la marche du temps. Moi je vous donne la paix, la haine, la guerre, l´amour… enchevêtrés de rêves, de passions ou de toutes folies. Mille pensées me traversent la mémoire. Mille et mille guêpes me guettent d´un bout à l´autre. Mille blessures. Mille cicatrices. Mille rêves. Mille illusions. Mille fantômes. Mille spectres en caricature circulaire. Je me pose toujours mille questions, et j´ai toujours mille réponses à chacune. Alors pour survivre, j´ai donc appris à vivre sans patrie, vagabonder dans l´espace-temps. Ô patrie : je n´en ai nul besoin, je bourlingue ça-et-là, ici et ailleurs. Alors je vogue dans la brise errante, sans prétexte d´un quelconque repère. Je suis seul dans un continent de rêves, je suis seul contre un continent. Je m´en irai dans les entrailles du désert, là où les soleils ardents plombent les instants d´hiver. Je tonne, je gronde, dans la marée de la mer en furie. Moi je suis marée montante, et marée descendante à la fois. Je me gifle par moments, par instinct, par instants, pour me réveiller de ma torpeur, de ma dormance au sein de cette foule gluante…
—  Raynaldo Pierre Louis, Haute tension, voyageur sans repère, © tous droits réservés par l’auteur, 31 janvier 2014
Pour en savoir plus sur Raynaldo Pierre Louis, visitez le blogue de l’auteur.